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WeWork révise sa gouvernance pour relancer son projet d’IPO

Le spécialiste des espaces de travail partagés a décidé de réduire l’influence de son directeur général Adam Neumann et de sa famille.

Par  Yves-Marc Le Réour le 16/09/2019



WeWork devait agir vite pour faire taire les critiques sur sa gouvernance et sauver son projet d’introduction en Bourse (IPO). Dans un document réglementaire publié vendredi, The We Company, propriétaire du spécialiste des espaces de travail partagés, a fait savoir qu’il allait restreindre l’influence de son fondateur et directeur général Adam Neumann au regard des doutes exprimés par les investisseurs et par son premier actionnaire, le conglomérat nippon SoftBank.

Les droits de vote spéciaux attribués à Adam Neumann lui conférant un poids 20 fois supérieur à celui d’un actionnaire ordinaire, vont être abaissés à 10 par action. Ce poids «sera automatiquement ramené à un vote par action en cas d’incapacité permanente ou de décès du dirigeant», alors que la clause existante prévoyait son déclenchement seulement si sa participation tombait sous le seuil de 5% du capital. Il lui sera également interdit de céder «plus de 10% de ses actions pendant la deuxième et troisième année suivant l’IPO».

Adam Neumann devra en outre restituer à l’entreprise tout bénéfice obtenu via les contrats de location conclus avec la société. Aucun membre de sa famille ne pourra se prévaloir d’une place au sein du conseil d’administration et son successeur sera choisi collectivement par ce conseil. Ceci met donc un terme à la possibilité qu’avait Rebekah Neumann, cofondatrice de WeWork et directrice de marque, de choisir un successeur à son époux.

Le fondateur de la start-up restera néanmoins son actionnaire majoritaire à l’issue de la mise en Bourse, prévue sur le Nasdaq, et les trois catégories d’actions A, B et C demeureront inchangées. Ceci est susceptible de brider le cours de Bourse ou d’accroître la volatilité de l’action ordinaire de classe A qui sera cotée car certains indices comme le S&P 500 excluent les sociétés ayant cette structure capitalistique.

Suite à ces annonces, la valeur de l’obligation high yield à échéance mai 2025 de WeWork a pris plus de 2,3% à 103,5% du pair. «Une composante clé du modèle économique de WeWork est la capacité à limiter sa croissance en cas de retournement économique et ces changements de gouvernance augmentent la probabilité qu’un conseil d’administration indépendant ait le pouvoir de mettre en œuvre une telle décision », relève Kevin McNeil, analyste chez Fitch Ratings.  

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