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Des minoritaires de Sequana attaquent Bpifrance

L’association Asamis, qui revendique 8,17% du capital du papetier en difficulté, reproche à la banque publique l’abandon des négociations de cession.

Par  Capucine Cousin le 07/01/2019



L’association d’actionnaires minoritaires Asamis remonte au créneau. Et épingle le rôle de Bpifrance auprès de Sequana. Elle a annoncé jeudi soir, dans un communiqué, le dépôt d’une plainte contre la banque publique auprès du Parquet national financier.

Le groupe papetier, en difficulté, a annoncé fin décembre l’abandon de son projet visant à céder les entités Graphique et Papiers de création de sa filiale Arjowiggins au néerlandais Fineska. La valeur brute de la transaction était estimée à 125 millions d’euros, et à 20 millions nets en tenant compte des dettes et autres passifs exigibles.

Un échec qu’Asamis impute à Bpifrance. De fait, la banque publique est actionnaire de Sequana à hauteur de 15,4% du capital et détient 17,2% des droits de vote. L’association note que Bpifrance Participations a siégé au conseil d’administration de Sequana de 2012 à juillet 2018. Déjà l’an dernier Asamis avait pointé à plusieurs reprises que Bpifrance, premier actionnaire de Sequana, profitait aussi des intérêts payés par la société pour des crédits accordés par la banque publique à des taux élevés. En mai dernier, elle avait averti Bercy de la situation dans un courrier, consulté par l’Agefi. Puis le 25 juin dernier, lors de l’assemblée générale du groupe, Asamis était parvenue à faire échouer une résolution sur ces «prêts consentis par la Banque publique d’investissement (BPI) au taux de 12% et avec la prise en garantie du capital d’Antalis sur un cours dévalorisé de plus de 50% par rapport à l’introduction voici un an». Le conseil d’administration de Sequana s’était alors engagé à examiner les demandes d’Asamis sur la révision à la baisse du taux du prêt de la BPI.

Ce jeudi, Asamis affirme que l’échec de cette négociation a notamment pour conséquence «une forte hausse du taux d’intérêt de la BPI sur un prêt relais lié à cette cession» qui «passe à 14% l’an sur 10 millions d’euros». «Les prêts accordés par la BPI s’élevaient selon le rapport semestriel de Sequana au 30 juin 2018 à 65 millions d’euros. Il faut ajouter le prêt de 10 millions d’euros du 10 juillet 2018», précise-t-elle.

Autre angle d’attaque pour les actionnaires minoritaires : ils contestent aussi le nantissement d’actifs de Sequana en garanties des prêts de la banque.

Le groupe papetier affichait une perte nette de 71,4 millions d’euros au premier semestre 2018, contre un bénéfice de 2,5 millions un an plus tôt, son chiffre d’affaires ayant en parallèle baissé de 2,1% à 1,2 milliard. Il a été pénalisé par des charges non récurrentes nettes de 78 millions d’euros.

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