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DBV devra tenir ses promesses pour que l’embellie boursière perdure

L’action a bondi de 9% hier. Le marché se remet à espérer sur le dossier du Viaskin Peanut aux Etats-Unis.

Par  François Berthon, Agefi-Dow Jones le 08/07/2019



Le regain d’intérêt des investisseurs pour DBV Technologies se confirme. L’action du laboratoire spécialisé dans le traitement des allergies alimentaires a gagné 9,34% mercredi, portant ses gains à 18% en cinq séances.

Cette embellie n’est pas fortuite. Daniel Tassé, le directeur général du groupe, a rappelé, fin juin, que la demande de licence biologique (BLA) à la Food and Drug Administration (FDA), l’autorité sanitaire américaine, pour le patch Viaskin Peanut dans le traitement de l’allergie à l’arachide chez les enfants âgés de 4 à 11 ans était prévue ce trimestre. «Les marchés se remémorent que l’on est entré dans la fenêtre où pourrait tomber l’annonce du nouveau dépôt de dossier», observe ainsi Jamila El Bougrini, analyste chez Gilbert Dupont.

DBV Technologies avait déposé un premier dossier en octobre 2018 en vue d’une homologation de son produit sur le marché américain, mais avait dû le retirer deux mois plus tard, faisant plonger son cours de Bourse.

Pour le redéposer, le groupe doit avoir remédié au manque de données pointé par la FDA concernant les procédures de fabrication et les contrôles qualité de son patch. Des précautions logiques s’agissant d’une technologie de rupture, celle de l’immunothérapie par voie épicutanée. Viaskin désensibilise les patients en leur administrant de faibles quantités d’allergènes dans les couches externes de la peau, écartant tout risque de réactions sévères ou fatales, telles qu’un choc anaphylactique.



Une équipe dirigeante
largement remaniée

Un peu plus de six mois après sa déconvenue, «les signaux envoyés par la société sont plutôt positifs, même s’il est difficile, de l’extérieur, de s’avancer sur le bon déroulé des discussions avec la FDA», remarque un gérant.

Toujours est-il que la situation a évolué à la tête de l’entreprise. Après le départ, en mars dernier, de Pierre-Henri Benhamou, l’un des fondateurs de l’entreprise, de son poste de président du conseil d’administration, le groupe a annoncé, à la mi-mai, celui du directeur général délégué et directeur financier, David Schilansky.

En début d’année, les équipes avaient par ailleurs été «significativement modifiées, avec les départs des responsables des affaires réglementaires», qui «rapportent» désormais directement à Daniel Tassé, rappelle Jamila El Bougrini, de Gilbert Dupont.

En ce sens, le rappel du directeur général concernant le calendrier prévu de dépôt de la demande de BLA pour Viaskin Peanut semble de bon augure. Le groupe serait en tout cas bien inspiré de respecter son plan de marche, dans la mesure où ses déboires lui ont probablement déjà fait perdre l’avantage du premier entrant sur le marché du traitement de l’allergie à l’arachide.



Un produit concurrent
aux caractéristiques différentes

Aimmune Therapeutics, le concurrent américain de DBV, a déposé en décembre dernier aux Etats-Unis et voilà quelques jours en Europe une demande d’autorisation de mise sur le marché pour l’AR101, un produit administré sous forme de poudre orale traitant également les allergies à l’arachide.

En supposant qu’Aimmune et DBV obtiennent bien leurs homologations à l’avenir, il sera intéressant de savoir de quelles recommandations celles-ci seront éventuellement assorties. «Les contenus détaillés pourraient mettre en exergue une vraie différenciation», souligne Christophe Dombu, analyste chez Portzamparc. Cela permettrait d’«anticiper comment les arguments marketing vont se construire autour de chaque produit», ajoute-t-il.

Les données disponibles à ce jour laissent penser que DBV Technologies pourrait mettre en avant la très grande sécurité d’emploi de Viaskin Peanut, tandis qu’Aimmune a démontré une efficacité supérieure, protégeant de jusqu’à une dose de plus de 1.000 milligrammes de protéines d’arachide. Un argument qui ne sera peut-être pas primordial, dans la mesure où la consommation accidentelle de protéine d’arachide ne dépasse pas 300 milligrammes, soit l’équivalent d’une cacahuète.

En déposant son dossier auprès de la FDA, DBV lèverait une partie des doutes sur sa future commercialisation. En Bourse, sa valorisation aurait toutes les chances de retrouver des niveaux plus en rapport avec le potentiel de son traitement révolutionnaire, sur un marché que les analystes estiment à plus de 3 milliards de dollars.

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