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Claranova valide sa renaissance avec un Euro PP

L’ex-Avanquest, qui a totalement transformé son profil opérationnel en quatre ans, a émis 19,7 millions d’euros d’obligations pour financer des acquisitions.

Par  Olivier Pinaud le 15/07/2019



Il y a cinq ans, rares auraient été les parieurs à miser sur une telle opération. Claranova, société relancée sur les fondations de l’ex-Avanquest, a émis, fin juin, un emprunt obligataire sous format Euro PP d’un montant de 19,7 millions d’euros. «Même si le montant n’est pas gigantesque, cette opération crédibilise les résultats de la stratégie de renaissance mise en place en 2015», apprécie Sébastien Martin, le directeur financier. Sur les 140 millions d’euros de chiffre d’affaires réalisés lors du premier semestre de l’exercice 2018-2019, seuls 20 millions provenaient des activités de l’ex-Avanquest. Depuis sa reprise sous la direction de Pierre Cesarini, Claranova a réorienté ses activités vers l’impression digitale, les solutions pour objets connectés et la monétisation d’audience sur internet.

Le principe de cette émission était connu depuis l’annonce de l’acquisition de trois sociétés en mars 2018. Sur les 27 millions d’euros de l’opération, 9,9 millions ont été payés en puisant dans la trésorerie, le solde devant être financé par endettement. Claranova visait initialement un financement bancaire, mais l’Euro PP, en plus de son caractère in fine, permet «de diversifier et d’internationaliser notre base d’investisseurs tout en posant les bases pour d’éventuelles autres émissions en fonction des besoins», explique Sébastien Martin.

Jusqu’à présent, pour financer son redéploiement, Claranova s’était appuyé sur des fonds propres : augmentation de capital, obligations remboursables en actions (Ornane) ou ouverture de capital d’une filiale. L’Euro PP évite l’effet dilutif sur le capital.

Mais ce financement obligataire ne coulait pas de source pour une société, certes riche de 70 millions d’euros de trésorerie et génératrice de cash, mais encore déficitaire (7,9 millions d’euros net lors de l’exercice 2017-2018). Or, «certains investisseurs exigent des historiques de bénéfices pour souscrire à une émission de dette», explique Nicolas Dehais, directeur corporate finance chez Octo Finances, arrangeur de l’Euro PP. Deux covenants ont été insérés dans le document, l’un sur le levier d’endettement, l’autre sur le niveau de résultat d’exploitation.

Les investisseurs ont, avant tout, regardé le profil de croissance du groupe et la profitabilité des trois sociétés acquises avec le produit de l’émission. «Ce secteur est rare sur l’Euro PP, marché très focalisé sur les foncières», ajoute Nicolas Dehais.

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