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Carlos Ghosn va perdre sa troisième couronne

Renault confirme qu’il travaille à la succession de son PDG, déjà évincé de Nissan et de Mitsubishi.

Par  Antoine Landrot le 21/01/2019



Renault s’apprête à mettre un terme au règne de Carlos Ghosn, dont la demande de libération sous caution a été rejetée mardi par la justice japonaise, après son inculpation pour deux nouveaux chefs d’accusation. Le constructeur français, dirigé par intérim depuis le 21 novembre par le tandem Thierry Bolloré (directeur général adjoint) et Philippe Lagayette (administrateur référent), a confirmé hier «que les organes de gouvernance de Renault travaillent activement à la recherche de la meilleure solution pour la gouvernance future du groupe, avec le souci de défendre les intérêts de l’entreprise et de conforter l’Alliance Renault Nissan».

Cette confirmation fait suite aux déclarations du ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire mercredi sur LCI, qui a a annoncé que le gouvernement avait demandé la convocation du conseil d’administration «dans les prochains jours» pour désigner «une nouvelle gouvernance pérenne pour Renault». L’inflexibilité des juges japonais a déterminé cette décision. «J’ai toujours indiqué, en rappelant la présomption d’innocence de Carlos Ghosn, qui si Carlos Ghosn devait être durablement empêché, nous devrons passer à autre chose, à une nouvelle étape», a expliqué Bruno Le Maire. Le futur ex-PDG de Renault restera en détention provisoire au moins jusqu’au 10 mars.

La date du dimanche 20 janvier pour la réunion du conseil, avancée par Reuters mardi soir, n’a pas été confirmée. Hier après-midi, l’Agence des participations de l’Etat indiquait ne pas avoir reçu de convocation.

Aucun nom n’a été dévoilé, mais Bruno Le Maire a décrit Jean-Dominique Sénard (président de Michelin sur le départ et pressenti pour occuper la présidence de Renault) comme «un grand industriel» ayant «une conception sociale de l’entreprise» et «un spécialiste du secteur automobile puisqu’il a dirigé Michelin avec beaucoup de talent et d’excellents résultats». En revanche, «une nomination comme directeur général à 66 ans reposerait rapidement le problème de la succession», indique un analyste.

Pour le poste de directeur général, le maintien de Thierry Bolloré est probable. Mais il reste à savoir s’il n’est que le choix de Carlos Ghosn, qui en avait fait son dauphin officieux lorsqu’il l’a promu début 2018. Didier Leroy, actuel vice-président exécutif de Toyota, est également cité par une source de Reuters. S’il constitue une piste séduisante (il est numéro deux du premier constructeur japonais), en «a-t-il seulement envie ? C’est une personnalité discrète, pas quelqu’un comme Carlos Tavares [ex-dauphin de Carlos Ghosn parti diriger PSA] qui se sentirait à l’étroit dans son costume actuel», poursuit l’analyste.

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