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Valeo reçoit un soutien public

La CDC est devenue le troisième actionnaire de l’équipementier, dont l’action a lourdement chuté en 2018.

Par  Antoine Landrot le 01/04/2019



Alors que Valeo a perdu plus de 51% de sa valeur en Bourse en un an, l’Etat français revient soutenir l’équipementier automobile. La Caisse des dépôts (CDC) détient directement et indirectement plus de 5% du capital et plus de 6% des droits de vote de Valeo, a annoncé l’Autorité des marchés financiers (AMF) hier.

L’opération, réalisée par l’intermédiaire de Bpifrance Participations, a été réalisée en deux étapes. Le 21 mars, la CDC et Bpifrance Participations détenaient ensemble plus de 9,56 millions d’actions de l’équipementier automobile, soit 3,98% du capital et 5,12% des droits de vote. Le 26 mars, ils détenaient plus de 12,3 millions de titres, soit 5,12% du capital et 6,23% des droits de vote. L’AMF précise que «ces franchissements de seuils sont le résultat d’acquisitions d’actions Valeo sur le marché».

Contactée par L’Agefi, la CDC n’a fait aucun commentaire, renvoyant à Bpifrance. L’opération «s’inscrit dans la volonté de Bpifrance d’investir dans des sociétés françaises présentant un fort potentiel de croissance», explique la banque publique.

Mais un motif défensif n’est pas exclu. A l’occasion de la publication des comptes 2018 de Bpifrance mardi, son directeur général Nicolas Dufourcq a indiqué que l’institution avait la capacité de riposter à une offensive de fonds activistes sur des entreprises françaises stratégiques. «Nous avons un peu moins de deux milliards d’euros de liquidités qui nous permettent d’intervenir sur telle ou telle situation», a-t-il déclaré. Les fonds activistes sont devenus une menace réelle ces dernières années pour les entreprises montrant certaines fragilités.

L’actionnariat de Valeo est très éclaté, donc vulnérable à l’offensive d’un investisseur. Premier actionnaire de l’équipementier, le fonds souverain norvégien Norges Bank ne détenait en effet que 7,96% de son capital au 27 février dernier, selon la base de données Cofisem. Suivaient le fonds d’investissement Harris Associates (avec 5,2%) et les gestionnaires d’actifs BlackRock (4,82%) et The Capital Group Companies (4,71%).

Signe des interrogations sur Valeo, le titre est «shorté» de manière importante par les fonds spécialisés dans la vente à découvert. Selon les données de Bloomberg, les positions vendeuses rendues publiques représentent 16,4 millions d’actions, soit 6,82% du capital du groupe. Elles sont le fait de cinq investisseurs.

Ce n’est pas la première fois que l’Etat vient en aide à Valeo : alors qu’entre 2007 et 2011, l’équipementier était menacé par le hedge funds Pardus, qui poussait à son recentrage, le Fonds stratégique d’investissement était monté à 10,5% des droits de vote en 2009.

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