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MBWS doit maintenant prouver sa capacité à se redresser

Les actionnaires du groupe de spiritueux ont voté à près de 90% le plan de recapitalisation par Cofepp. L’Adam est parvenue à limiter la dilution des minoritaires.

Par  Bruno de Roulhac le 04/02/2019



Dénouement positif pour Marie Brizard Wine & Spirits (MBWS). Les actionnaires ont très largement voté, hier matin, la recapitalisation du groupe de spiritueux par Cofepp, son premier actionnaire à hauteur de 29,5%. La résolution prévoyant l’augmentation de capital a été adoptée à 89,35% – alors même que Cofepp, intéressée, n’y a pas participé – et celle portant sur les bons de souscription d’action (BSA) a été votée à 93,57%.

Un vote arraché de haute lutte ! Tout a basculé la veille au soir à l’annonce de la modification des termes de la recapitalisation à l’issue des discussions menées avec l’Adam (Association de défense des actionnaires minoritaires), mandatée par des actionnaires institutionnels et individuels. Signe que la direction et Cofepp n’étaient pas si confiantes sur l’issue du vote, elles ont accepté de passer sous les fourches caudines de l’Adam. «Compte tenu de la gravité de la situation, il fallait privilégier une attitude constructive», a expliqué Colette Neuville, la présidente de l’Adam, demandant en assemblée générale (AG) aux actionnaires d’approuver le plan. Elle a obtenu une réduction de la dilution des minoritaires, Cofepp acceptant de ne pas exercer plus de 30% des BSA, alors qu’elle aurait pu monter jusqu’à 47% grâce aux actions acquises au titre de l’augmentation de capital réservée. L’Adam a aussi obtenu l’allongement de la durée d’exercice des BSA à long terme, de 27 à 42 mois, soit trois ans et demi, un juste milieu par rapport aux cinq ans demandés. Ainsi, les minoritaires pourront «constater les premiers résultats de la stratégie conduite par la Cofepp, qui aura pris le contrôle de la société, avant d’exercer leurs bons», précise l’Adam.



Urgence immédiate de trésorerie

Reste maintenant à la direction à réaliser le redressement du groupe. Pour 2018, MBWS table sur un chiffre d’affaires de 393 millions d’euros (-5%), pour une perte d’Ebitda de 28 millions (-12 millions en 2017) et une perte nette de 60 à 65 millions (-67 millions en 2017). L’endettement net serait de 70 à 75 millions fin 2018 (contre 4 millions fin 2017).

Au cours de l’AG, la direction de MBWS a rappelé l’urgence immédiate de trésorerie, avec un besoin de 40 à 50 millions d’euros sur l’année. En l’absence de crédit fournisseur, le groupe serait en faillite depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, a précisé Benoît Hérault, le président du conseil de MBWS. Dans son offre principale, Cofepp apporte 45 millions, tandis que la seule offre alternative reçue n’apportait que 25 millions.



Adossement à un groupe rentable

L’offre votée prévoit une augmentation de capital réservée de 37,7 millions d’euros au prix de 4 euros par action avant la fin février (sous réserve du feu vert des autorités de la concurrence française et polonaise et de la dérogation par l’AMF de l’obligation de déposer une OPA par Cofepp) ; suivie de l’émission et de l’exercice de BSA courts pour 49,3 millions au prix de 3 euros avant la fin mars ; et de BSA longs pour 49,3 millions au prix de 3 euros, exerçables pendant 42 mois.

Un prix de souscription de 4 euros qui «extériorise une prime par rapport à la valorisation multicritère de l’action, soulignent les travaux de l’expert indépendant. Il n’est atteint que dans le haut de la fourchette de valorisation actuelle du groupe intégrant une revalorisation volontariste de l’ensemble des actifs.» D’ailleurs, Colette Neuville a rappelé en AG que l’expert indépendant n’avait pas donné d’attestation d’équité à ce stade. Pour sa part, Jean-Pierre Cayard, le président de Cofepp, a rappelé avoir «mis et perdu beaucoup d’argent» dans le groupe et propose à MBWS «d’être adossé à un groupe rentable [Cofepp La Martiniquaise]». Les propositions de Jean-Pierre Cayard «me conviennent et me rassurent», a déclaré la représentante de Diana Holding, deuxième actionnaire avec 13,9% du capital. Pendant l’assemblée, la stratégie du précédent directeur général, Jean-Noël Reynaud, axée sur les volumes au détriment de la rentabilité, a été critiquée en filigrane, tandis que des actionnaires individuels contestaient sa rémunération.



Le défi de la gestion de Pologne

Le nouveau plan stratégique, qui sera dévoilé avant la fin mars, s’appuiera sur la valeur (et non le volume), sur la rentabilité (avec des efforts sur la marge brute et sur les frais de structures) et sur la recherche de partenaires pour développer l’activité. Il mise aussi sur des synergies de coûts (achats de matières premières) et de chiffre d’affaires (avec les réseaux de distribution et commerciaux hors de France). L’un des éternels défis du groupe sera la gestion de Pologne. Au cours de l’AG, des minoritaires ont fait part de l’ouverture d’une procédure judiciaire auprès d’un procureur polonais pour falsifications comptables. La direction de MBWS a répété plusieurs fois ne pas en être informée.

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