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Des minoritaires de Sequana contestent la rémunération du PDG

L’association Asamis, qui revendique 10,8% du capital du papetier, demande également comme en 2017 la révocation de Pascal Lebard. L’AG est prévue le 24 mai.

Par  Olivier Pinaud le 14/05/2018



Une partie des actionnaires minoritaires de Sequana repart à la charge contre la direction du groupe papetier. Comme l’an dernier, l’Asamis, l’association des actionnaires minoritaires, a fait inscrire à l’ordre du jour de l’AG du 24 mai une résolution demandant la révocation du conseil d’administration de Pascal Lebard, le PDG de Sequana. L’Asamis demande également, comme lors de l’AG 2017, la nomination de trois représentants au conseil d’administration. Ces résolutions avaient toutes été rejetées par les actionnaires l’an dernier, avec un taux de vote «contre» de plus de 70%.

Mais cette année, l’Asamis a ajouté un nouvel angle d’attaque : la rémunération de Pascal Lebard. «Doubler la rémunération variable à 450.000 euros au titre de 2017 alors que l’entreprise enchaîne les pertes et que le cours de Bourse est passé de 4 euros à 56 centimes en trois ans, c’est insolent», fustige Daniel Pichot, le président de l’Asamis. Sequana a perdu 138,7 millions d’euros en 2017 après une perte de 52 millions en 2016. En plus d’appeler les actionnaires de Sequana à voter contre les deux résolutions relatives à la rémunération du PDG, l’Asamis a déposé une résolution afin de modifier les critères de calcul de son bonus.

«Les principes de la rémunération variable due au titre de 2017 ont été votés ex-ante, comme la loi l’exige, lors de l’AG de 2017. La résolution déposée par les actionnaires minoritaires ne peut donc pas revenir sur ce vote des actionnaires. Si elle était approuvée, elle ne pourrait pas être mise en œuvre par la société», rétorque Antoine Courteault, le secrétaire général de Sequana. La société note également une incohérence dans la demande de l’Asamis, celle-ci faisant référence dans son titre à la rémunération variable pour l’année 2018 alors qu’elle reprend dans son texte des critères retenus pour fixer la rémunération variable au titre de l’année 2017.

Pour appuyer son action, l’Asamis a alerté la semaine dernière le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, sur la situation. Dans ce courrier consulté par l’Agefi, l’association s’étonne également de la position de Bpifrance, premier actionnaire de Sequana, avec 15% du capital, mais qui profite dans le même temps des intérêts payés par la société pour des crédits accordés par la banque publique, dont certains à un taux de 12%.

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