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«Afflelou annoncera bientôt son implantation dans d’autres pays non-européens»

Après l’abandon du projet d’introduction en Bourse, Didier Pascual, PDG du Groupe Afflelou, se dit prêt à repartir sous un nouveau LBO.

Par  Bruno de Roulhac le 02/07/2018



L’Agefi : Le rythme de croissance du groupe s’est-il accéléré au troisième trimestre ?

Didier Pascual : Le chiffre d’affaires des réseaux a progressé de 1,5% à 192,6 millions d’euros au troisième trimestre, et de 0,4% en comparable. La tendance a été soutenue par la France (+2,1%) et permet de compenser la décroissance de l’Espagne (-1,2%), lié au contexte de la Catalogne et à Optimil, dont l’évolution n’est pas satisfaisante. Cette chaîne d’opticiens n’est pas pertinente au regard des moyens qu’il faudrait mettre en œuvre pour la développer. Aussi nous prendrons rapidement une décision sur son avenir au sein du groupe et préférons concentrer nos moyens et ressources sur l’enseigne Alain Afflelou en Espagne (qui continue de progresser +0,6% sur le trimestre, et +2,4% à date) Le chiffre d’affaires du Groupe Afflelou au quatrième trimestre fiscal devrait s’inscrire dans la tendance du troisième trimestre.

Sur notre troisième trimestre clos fin avril, l’Ebitda a reculé de 12,4% à 16,2 millions d’euros. Cette baisse de 2,3 millions d’euros s’explique par la saisonnalité et par un effet technique, lié à la comptabilisation de nos campagnes publicitaires. La tendance devrait repartir à la hausse au quatrième trimestre de l’exercice.

Par ailleurs, nous nous sommes désendettés de 32 millions d’euros, faisant passer notre dette nette sous la barre des 400 millions d’euros, soit un ratio de levier de cinq fois.

Nous maintenons une tendance positive dans les principaux marchés du Groupe, en particulier en France où nous avons fait mieux que le secteur de plus de 4% malgré un contexte réglementaire en pleine évolution.

Comptez-vous poursuivre votre développement à l’international ?

Oui ! Déjà présent dans 18 pays, comme en Espagne, au Portugal, en Belgique, en Suisse, mais aussi au Vietnam ou à Hong Kong, nous annoncerons au quatrième trimestre notre implantation dans d’autres pays non-européens. Nous sommes très sélectifs, avec la volonté de nous implanter durablement en dehors de France.

Cette croissance se réalise exclusivement en franchise, avec un objectif d’ouvertures rapides de magasins. Notre partenaire local doit avoir la capacité de développer des implantations à un  rythme soutenu, en particulier pendant les premières années.

Un retour en Bourse est-il toujours à l’ordre du jour ?

Actuellement, nous ne travaillons pas sur ce projet. Nous pourrions éventuellement nous poser la question en fin d’année. Mais tout processus d’IPO est coûteux en frais d’accompagnement et en ressources humaines en interne. De plus, nous ne recevons aucune pression en ce sens de la part de nos principaux actionnaires [Lion Capital (à hauteur de 39%), la Caisse de dépôt et placement du Québec (29%) et Apax (13%), ndlr]. Et si l’environnement LBO présente des contraintes, notamment liées à des horizons de temps de moyen terme, il ne nous empêche pas de travailler. D’ailleurs, je serai prêt à repartir demain sous un nouveau LBO !

Par ailleurs, au regard de notre niveau de rentabilité et de cash-flow, nous n’avons pas besoin de lever de fonds sur les marchés. En octobre dernier, nous avons refinancé notre dette obligataire à hauteur de 425 millions d’euros, allongeant sa maturité, pour un coût moyen de 4%, contre 6% auparavant. Un niveau de confort que nous n’avions pas eu depuis 2012.

Comment accueillez-vous la réforme du système de santé en France ?

Naturellement, nous soutenons la volonté du gouvernement d’améliorer la santé visuelle des Français et les négociations auxquelles les parties prenantes du secteur ont été associées aboutissent, je crois, à un résultat globalement satisfaisant. Cette réforme devrait effectivement permettre à de nombreux français, peut-être 15% de la population, d’améliorer la qualité de leur équipement ou de leur permettre un accès aux soins qu’ils n’ont pas forcément aujourd’hui. D’un autre côté, en conservant le cycle de renouvellement à deux ans, nous préservons la qualité de l’équipement optique des français. Enfin, la limitation du remboursement à 100 euros sur les montures aura un effet certain sur le marché, mais au final, cette réforme ne sera pas un cataclysme. Si le marché de l’optique pourrait souffrir de cette réforme et être atone ou en légère régression pendant trois à quatre ans, je n’anticipe pas d’effondrement, et pas d’impact majeur sur la performance du groupe qui devrait par ailleurs bénéficier de son positionnement, notamment avec sa gamme de produits exclusifs à prix modérés.

Avez-vous la même approche pour les appareils auditifs ?

Sur le marché audio, les autorités publiques ont fait preuve de plus de volontarisme, en imaginant un panier RAC zéro dont le secteur est objectivement très éloigné aujourd’hui (en effet les prix des aides auditives pour certaines enseignes sont très éloignés actuellement des tarifs qui entreront en vigueur en 2021). Si un équipement optique coûte en moyenne 400 euros, un appareillage auditif revient à 3.000 euros pour les deux oreilles, et est aujourd’hui très mal remboursé, à hauteur du tiers par le remboursement obligatoire et les complémentaires cumulées. Cela fait donc un écart très important pour aboutir au reste à charge zéro. Mais il faut reconnaître que les Français sont largement sous-équipés et cette réforme pourrait alors avoir un effet positif.

Actuellement, l’auditif ne pèse que 5% du chiffre d’affaires du groupe et nous ne détenons que 3% du marché français, derrière Audika (8% à 9% du marché) et Amplifon (10%). Mais nous avons l’ambition de nous rapprocher du leader. Pour le moment, nous nous développons seulement en organique, un tiers en magasins en propre et deux tiers dans des espaces dédiés dans nos boutiques d’optique, avec une présence en France (66 magasins et 162 corners) et en Espagne (60 points de vente). Ce métier constitue pour le groupe un important relais de croissance et offre un niveau de marge comparable à celle de l’optique. D’autant que les magasins d’optique avec un corner audio surperforment en optique.

La fusion entre Essilor et Luxottica aura-t-elle un impact sur votre activité ?

Nous ne sommes pas inquiets des conséquences de cette belle opération sous pavillon français. D’ailleurs, nous n’avons pas émis de réserves, lorsque nous avons été interrogés par les autorités européennes de la concurrence. Cela incitera les autres opérateurs à être plus actifs.

Ce rapprochement soulève toutefois un sujet d’attention : le digital. Essilor et  Luxottica sont les acteurs du secteur qui investissent le plus dans le numérique. Cela crée un effet d’entrainement pour tous les acteurs et nous incite à accélérer. Aussi, dès que j’ai pris les rênes du groupe en février dernier, j’ai nommé une responsable de la transformation digitale. Eva Ivars, également patronne de l’Espagne, est en train de définir notre stratégie digitale. Cette transformation, qui concernera l’ensemble du groupe, doit aller vite. Fin juillet, nous définirons les axes stratégiques pour 2019-2020, avec un déploiement attendu dès la fin de cette année.

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